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Après l’Apocalypse

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Le cinéma nous divertit et nous émeut. Mais dans quelle mesure nous met-il en mouvement ? Force est de constater que dans un premier temps le spectateur, la spectatrice sont forcé·es à l’immobilisation dans leur fauteuil. La machine industrielle qu’est le milieu de l’art a beau jeu d’affirmer qu’il participe à une prise de conscience. Il suffit de regarder autour de soi et de constater le nombre impressionnant de personnes qui bien que conscientes, restent assises, pour douter de l’argument. Cette semaine le collectif d’Extinction Rébellion s’est glissé au FIFF pour rappeler avec quelques autocollants que toute prise de conscience est vaine si elle ne s’ensuit d’aucune forme de mobilisation active. Nous publions leurs mots.


“Après l’Apocalypse”


Ainsi s’intitule une section que le FIFF (le Festival International des Films de Fribourg) consacre aux films (post)apocalyptiques. “L”heure est grave”, “l’humanité est en sursis” écrit le FIFF dans sa description, jouant sur le rapprochement entre des fictions de fin du monde et la situation réelle, catastrophique, de notre monde.

Entre ces films et notre réalité, il y a pourtant une différence de taille. Dans un film, nous sommes contraint·es au rôle du spectateur passif, impuissant. Dans le monde réel, nous sommes en mesure d’agir – nous lever de nos sièges, sortir de nos habitudes et de nos zones de confort, nous organiser pour lutter contre les forces qui détruisent notre monde.

Aujourd’hui, nous ne pouvons plus rester assis·es devant nos écrans, à vivre comme on nous a appris, c’est-à-dire sans capacité d’action, assistant passivement à la destruction du Vivant et au réchauffement climatique, attendant qu’une décision des politiques sauve la situation.
Elle n’est pas venue, elle ne viendra pas.

Au regard des millions de personnes qui sont en train de tout perdre du seul fait de l’inconscience totale de notre mode de production, au regard des prochaines générations et de leur droit à vivre dans un monde encore habitable, nous ne pouvons rester impuissant·es.
Chacun·e mérite infiniment mieux qu’une position de spectateur, de spectatrice.

Aux yeux du FIFF, il y a un temps pour le cinéma, pour la réflexion et le divertissement.
Nous voudrions ajouter la condition suivante : qu’à la fin de la séance, nous nous levions réellement de nos sièges, et que nous nous mettions en mouvement.

Avec autant d’Amour que de Rage

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