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Jan 26

Tinder nazi

Le 30 décembre, Martha Root, militante et journaliste antifasciste allemande est sur scène au 39ème Chaos Communication Congress à Hamburg (un des plus influents congrès de hacking du monde), habillée en Power Ranger rose. Elle supprime en live le « tinder nazi » (d’après sa créatrice) WhiteDate.net, après avoir mis en ligne https://okstupid.lol/. Dessus, près de 8000 profils avec photos, biographies, métadonnées, et discussions entre eux et le chatbot maison que Martha a mis en place pour son infiltration. Toutes les données leakées ainsi que celles des sites WhiteChild (un site de généalogie suprémaciste) et WhiteDeal (du réseautage de fascistes) sont archivées sur Distributed Denial of Secrets.

Tout le travail d’enquête et d’infiltration de Martha Root est publié sur son compte youtube back2theroot.

Fun fact : 28 profils suisses (dont 2 fribourgeois) se retrouvent sur okstupid.lol, dont certains ont donné leurs instagram et infos persos, malgré les recommandations du site originel. Comme dit Martha Root : « being white doesn’t mean you’re good at cybersecurity ».

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Sep 25

Consensus ou conflictualité ?

Une députée des Républicains – ce parti de droite qui n’en finit plus de virer à l’extrême droite – est interrogée ce matin 9 septembre à la RTS appelant à « la raison » et à la « responsabilité » du monde politique et des citoyen.nes, un jour avant le 10 septembre et les blocages annoncés, deux jours avant que l’agence de notation Fitch ne revoie sa note jugeant la solvabilité de la France.

Sur son site, la RTS titre sur le consensus suisse. Voici ainsi rabâchée l’opinion selon laquelle c’est cette habitude politique du compromis qui distinguerait la Suisse de la France – plus implicitement : si chez nous c’est pas le bordel, c’est grâce à notre culture du compromis. Alors du compromis, parlons-en.

Disons d’abord que le consensus, c’est joli dans un monde où les gens sont plus ou moins libres, égaux et de bonne foi. Exemple : dans une démocratie. Mais ce monde, sinon peut-être à l’échelle d’un joli quartier de villas résidentielles, n’existe pas ! C’est un mythe, une fable (celle de la « civilisation » prêchée un peu partout, dès l’école). Ce monde de carte postale dans lequel nous croyons vivre repose en fait structurellement sur un capitalisme qui détruit le Vivant – humain et non-humain. Où les rapports de force s’accroissent chaque jour – saccageant les conditions de vie sur terre. Faut-il le rappeler : le génocide à Gaza a lieu et nos gouvernement ne font rien. Faut-il le rappeler : chaque année, on émet toujours plus d’émissions de gaz à effet de serre, chaque année on crève toujours un peu plus de chaud. Et nos gouvernements ne font rien.

Dans ce contexte particulier où le consensus est assimilable à une assurance pour les grands capitaux pour que les changements ne se fassent pas ou le plus lentement possible, dans ce contexte où le consensus a vidé et continue de vider les volontés de changement et de révolution – plus rien ne le distingue de la compromission, lâche, avec l’état du monde, son caractère insupportable et le confort matériel et ponctuel qu’il permet en même temps à nous autres privilégié.es.

Non. Il n’y pas d’avenir à attendre du consensus. A nous d’inventer d’autres manières de faire politique ensemble, qui devront nécessairement puiser dans des formes de conflictualité assumée (une conflictualité dont il nous faudrait apprendre à la dédramatiser, selon la philosophe française Barbara Stiegler de passage vendredi passé à Fribourg). Prenons exemple sur ce que feront nos voisin.es français.es le 10 septembre.