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Comment plumer l’extrême droite? 12h pour un Nouveau Monde 

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Le 30 mai, à l’Ancienne Gare et au Nouveau Monde de Fribourg, nous organisons, en collaboration avec plusieurs personnes, groupes et collectifs, une journée et une soirée contre l’extrême droite. Un évènement riche de différentes activités, discussions, concerts et personnes, toutes et tous réuni·e·s pour parler de l’extrême droite sous ses différentes formes. Cette journée sera l’occasion de poursuivre la lutte ensemble et de prouver que, même si l’extrême droite ne cesse de croître, les mouvements qui s’y opposent grandissent tout autant.



Partout, le poison de l’extrême droite se répand. Sur nos réseaux sociaux, détenus par des milliardaires fascistes ou en passe de le devenir. Dans nos rues, où des croix celtiques ou autres symboles de l’extrême droite deviennent de plus en plus fréquents. Même certaines de nos institutions publiques, pourtant garantes d’une forme d’égalité et de justice, deviennent poreuses aux idées les plus rances et les plus nauséabondes. Pendant ce temps, les personnes les plus précarisées, marginalisées et vulnérabilisées de notre société sont celles qui sont le plus attaquées. 

Il faut se rendre à l’évidence. L’extrême droite n’est plus à craindre : elle est à combattre. 

Pour que l’extrême droite arrive au pouvoir, il faut que la confusion règne. Ce ne sont plus ceux qui commettent un génocide qui sont criminalisés, mais celleux qui ont le courage de le dénoncer. Être sensible aux oppressions que subissent d’autres personnes est devenu une insulte, un stigmate. Les luttes desservent leurs propres causes. Point final de ce retournement des faits : les antifascistes sont les nouveaux fascistes. La boucle est bouclée. 

Voilà l’objectif de cet évènement : remettre du sens sur les mots, essayer de mieux comprendre le monde qui nous entoure, et les différentes formes que prend l’extrême droite d’aujourd’hui. Mais surtout, se rassembler, être nombreux.ses, pouvoir hurler ensemble toute notre colère et notre rage face à l’état de pourriture de ce monde, mais aussi faire danser ensemble nos rêves, nos désirs, nos utopies. 

Le programme de cette évènement

Alors, une question se pose : comment cette journée va-t-elle se dérouler ? Voici le programme, avec les présences des personnes et des collectifs qui la feront vivre. En bas de l’article, vous trouverez un petit descriptif et plus d’informations sur les différentes personnes qui interviendront lors des tables rondes, conférence et concerts/espaces musicaux.

14h30-16h00 : Que faire face à la violence du capitalisme ? Comment résister, comment s’organiser ? Conférence de Nicolas Framont, modéré par Ragekit.

16h30-18h00 : Comment l’extrême droite s’approprie le féminisme (fémonationalisme) et l’écologie (écofascisme) pour servir son projet politique ? Discussion entre Audrey Bonvin et Antoine Dubiau, modérée par Saoussen Hammami de Encore un podcast de gauchos

18h30-20h00 : Luttes contre l’extrême droite depuis le terrain, comment s’organiser contre la montée du fascisme ? Discussion avec Mathilde Marendaz, Thomas Bruchez, une personne de la CORA (Coalition Romande Antiraciste) et une personne issue d’un collectif antifasciste, modérée par Vanessa Cojocaru

19h00-20h30 : Cypher de rap antifasciste, curated by SA7

21h00-21h30 (horaire à confirmer) : Concert de la Chorale anarchiste de Fribourg

22h00 : Concert d’Achab

21h00-2h45 : After tekno de la Trenkil Piraterie

Tout au long de la journée, des stands de différents collectifs, associations et artistes engagé·e·s localement seront présents sur place. On aura également l’immense chance de pouvoir compter sur la présence de la librairie L’Art d’Aimer à cette journée. Et pour celles et ceux qui voudront se maquiller pour la partie plus festive de l’évènement, un stand exprès sera également à disposition.

Pour celles et ceux qui le souhaitent, la mezzanine de l’Ancienne Gare accueillera Hyperméable et Iknowquoi, deux tatoueuses du studio Les Jeunes Vagabondes, qui proposeront des flash tattoos en lien avec la thématique de l’évènement.

Si nous avons à cœur d’avoir des évènements à prix libre, les frais engagés nous forcent à faire autrement. L’évènement aura un prix d’entrée, avec trois tarifs différenciés en fonction des moyens de chacun·e. Il sera possible de prendre un billet pour l’ensemble de l’évènement, ou bien un billet uniquement pour les conférences ou seulement pour la partie plus festive.

– Journée : petit prix 10.–, prix normal 15.–, prix de soutien dès 30.–

– Soirée : petit prix 15.–, prix normal 20.–, prix de soutien dès 35.–

– Evènement complet : petit prix 20.–, prix normal 30.–, prix de soutien dès 50.–

Des préventes seront disponibles dès le mardi 5 mai, sur le site du Nouveau Monde. Bien évidemment, si t’as vraiment pas les moyens de te payer une entrée, on trouvera une solution. Tu peux nous écrire un mail, ou venir nous voir le jour même, comme tu le préfères.

Alors oui, le bruit des bottes s’intensifie. Mais pire que le bruit des bottes : le silence des pantoufles. Alors, ce samedi 30 mai, on t’invite à ranger tes pantoufles dans ton placard et à venir te joindre à nous afin d’imaginer et de rêver ensemble d’un monde nouveau sans extrême droite !


Le programme détaillé

De 14h30 à 16h00, on commencera la journée avec une conférence de Nicolas Framont, modérée par Ragekiit sur le thème « que faire face face à la violence du capitalisme », abordant les liens entre capitalisme, bourgeoisie et extrême droite et qui essayera d’esquisser quelques manières de résister et s’organiser. 

Nicolas Framont

Sociologue de formation, Nicolas Framont co-fonde en 2013 Frustration Magazine, un journal et média en ligne indépendant. Ces dernières années, il est l’auteur d’essais politiques remarqués et remarquables, comme Parasite : Les classes bourgeoises sont des parasites qui se nourrissent de notre travail, de nos impôts, de notre vie politique, de nos besoins et de nos rêves… (2024), Vous ne détestez pas le lundi… Vous détestez la domination au travail (2024) ou encore Saint Luigi : comment répondre à la violence du capitalisme ? (2025). Figure importante de la gauche radicale française, il aborde régulièrement les thématiques du capitalisme, de la violence au travail et de la lutte des classes. Nicolas Framont lutte également à une échelle locale en s’engageant dans le Réseau de Résistance Citoyenne de Saintes, un collectif apartisan contre les idées d’extrême droite. 

Ragekit

On ne présente plus Ragekit, qui a éclos sur nos réseaux sociaux il y a un peu plus d’une année et qui a tout renversé sur son chemin. Après une campagne de fonds exceptionnelle (plus de 110’000 francs récoltés !), ce média militant commence à s’imposer comme une figure incontournable dans le paysage médiatique et politique romand. Avec ses enquêtes de fond passionnantes et son travail de vulgarisation efficace, Ragekit offre un bol d’air frais à nos différents réseaux sociaux. Plus le choix : abonnez-vous et montez dans la barque de ce collectif lausannois !

Dès 16h30 à 18h00 il y aura une discussion entre Antoine Dubiau et Audrey Bonvin qui sera modérée par Saoussen Hammami, autour de la manière dont l’extrême droite s’approprie le féminisme et l’écologie pour servir son projet politique, et comment résister. Une discussion sur le fémonationalisme, l’écofascisme et les manières de lutter contre l’extrême droite depuis ces espaces. 

Antoine Dubiau

Géographe de formation, Antoine Dubiau s’intéresse aux liens entre l’extrême droite et l’écologie. Il est l’auteur de l’ouvrage Ecofascismes (2022), qui démontre que ce terme n’est pas qu’une contraction théorique entre deux concepts et qui révèle les appropriations concrètes des enjeux écologiques par des groupes, parti politiques ou organisations d’extrême droite. 

Audrey Bonvin

Chercheuse à l’université de Fribourg en histoire contemporaine, Audrey Bonvin s’est spécialisée sur les combats réactionnaires de mouvements conservateurs suisses : luttes antiféministes, réarmement moral et luttes anticommunistes ou encore mobilisation des réseaux dits « pro-vie ». 

Saoussen Hammami 

Conseillère en communication, spécialiste des questions antiracistes, féministes et décoloniales et co-animatrice du poadcast underground « Encoure un Poadcast de Gauchos ». 

*Encore un podcast de gauchos*

Avec presque une centaine d’épisodes qui décortiquent l’actualité politique suisse et internationale, Encore un podcast de gauchos s’est imposé comme un des espaces importants d’analyse et de critique politique en Suisse romande. Lancée par deux femmes racisées qui en ont plein la soupière, ce podcast nous permet de prendre un peu de hauteur sur ce monde en feu.

La dernière table ronde aura lieu dès 18h30 à 20h00 et portera sur comment lutter contre l’extrême droite depuis le terrain. La discussion sera animée par Mathilde Marendaz, Thomas Bruchez, une personne de la CoRa et une personne d’un collectif antifasciste, avec la modération de Vanessa Cojocaru. 

Mathilde Marendaz 

Elle porte ses combats sur différents terrains. Celui du militantisme, où elle s’est notamment engagée à la Zad de la Colline ou à Grondements des Terre, celui de la politique institutionnelle, où elle siège au Grand Conseil vaudois et celui de la recherche scientifique, où elle travaille actuellement sur le réductionnisme carcéral et sur les alternatives non pénales. 

Thomas Bruchez

Actif à la Jeunesse socialiste et groupe pour une Suisse sans armée (GSsA), Thomas Bruchez siège également au Grand Conseil de Genève. Etudiant en droit, il travaille également pour le journal « pages de gauche », pour lequel il a notamment écrit « L’extrême droite en Suisse hier et aujourd’hui : tour d’horizon ».

CORA 

Lancée en novembre 2025, La Coalition Romande Antiraciste (CORA) a pour objectif de lutter contre le racisme et les crimes policiers. Composée de plus de vingt collectifs (et notamment Justice pour Mike et Justice pour Nzoy), cette nouvelle coalition a pour but de « représenter ceux qui ne peuvent plus parler » et agit « pour que les violences racistes cessent immédiatement ».  

Une personne d’un groupe antifasciste

Depuis la mort de Quentin à Lyon, les mouvements antifascistes se sont retrouvés dans l’œil du cyclone. Bien discrète sur les violences abjectes de l’extrême droite, à Lyon ou plus proche de chez nous, la presse mainstream s’est ruée sur cet affrontement qui s’est mal terminé. Nous souhaitons donc redonner la parole aux personnes qui luttent concrètement contre l’extrême droite et la montée du fascisme.  

Vanessa Cojocaru 

Designer, spécialiste en communication, artiste et militante basée entre Fribourg et Bucarest. Depuis 2018, elle s’engage dans le mouvement de la Grève féministe au sein du collectif fribourgeois et a travaillé sur les campagnes cantonale, romande et nationale. En 2020, elle fonde le podcast Tea Room, qui explore les parcours et luttes féministes à l’échelle helvétique. En parallèle, Vanessa poursuit un travail de recherche artistique sur l’expérience carcérale des femmes roumaines ayant connu les prisons communistes dans les années 1950. Son engagement se poursuit depuis quelques années dans différents collectifs, dont Fribourg-Palestine. En 2026, elle est élue au Conseil général de la ville de Fribourg avec le groupe politique de gauche radicale DAS · WAS.

À partir dès 19h la journée prendra une forme musicale. Pendant près de deux heures, la terrasse du Nouveau Monde accueillera un cypher de rap antifasciste, organisé par SA7, avec la participation de plusieurs artistes. Mais qui est SA7 ? Pour répondre, voici leurs mots: 

Hoi on est S.A.7 

E Crew de Rap bilingue fu Fribourg. Mi mache du son sit 2017 und tüi üs composer us 3 Rappers, un producteur und ei Homie für d Visuals. Zwüsche Autotune und Nique Le System bringemer surtout Energie uf d Stage und es lat üs la kiffer die z partager. Sowiso c’est en grande partie le partage. No borders! sauf si tu nous les impose… Sgrrraw. 

Une fois le cypher terminé, la terrasse continuera en musique avec la chorale anarchiste de Fribourg, qui proposera quelques chansons militantes. 

Ce sera ensuite au tour d’ACHAB de monter sur scène dans la salle du Nouveau Monde, à 22h00, pour nous faire danser au rythme de electro-rock. Leur musique, « bande son du mouvement social » d’après les Inrocks, est à son image : revendicatrice, énervée, mais aussi festive et joyeuse. Les rythmes sont entêtants et les paroles rassemblent et canalisent nos affects et nos espoirs pour un monde meilleur. Entre électro-rock et punk anarchiste, la musique et les thématiques d’ACHAB sont aussi influencées par l’engagement militant des ses membres et notamment son chanteur, Tancrède Ramonet. À la fois réalisateur, producteur et musicien, Tancrède aborde des sujets politiques dans tous les aspects de son travail. ACHAB en est le pendant musical et poétique et il incarne le bruit de l’insurrection qui vient !

Finalement, de 21h jusqu’à 2h45, le soundsystem de Trenkil Piraterie fera vibrer les murs de l’Ancienne Gare au son de la Tekno.

Voilà. On se réjouit beaucoup, parlez-en autour de vous, prenez vos prélocs (ça nous soulage beaucoup) et ensemble, cramons l’extrême droite.

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