Ci-dessous un communiqué d’ami.es ayant pris part à la manifestation de vendredi dernier place Python, en soutien à la révolte déclenchée par une trentaine de personnes détenues à la prison de Bellechasse lundi 2 février.
Nous nous sommes retrouvé.e.s le 6 février à place Georges Python pour soutenir les détenu.e.s qui se sont révolté.e.s à la prison de Bellechasse, pour exiger des conditions de vie dignes (respect des sorties, baisse des prix des appels et des aliments,…). Iels ont résisté 3 heures, avant de l’arrivée de la police cantonale, maintenant celleux identifié.e.s comme “meneurs” ont déjà été sanctionné.e.s et isolé.e.s.
Pour la grande majorité des gens la prison est un univers inconnu, la peur qu’elle suscite génère un mécanisme de refoulement, en faisant échapper ces lieux au regard public et, en évitant ainsi, un possible regard critique.
Les discours politiques et médiatiques légitiment le système carcéral, en utilisant les mots rééducation et re-socialisation, l’espace de critique est réduit à zéro et les violences peuvent se perpétuer dans la complète impunité.
Dans ce contexte il est essentiel de mener des initiatives, des rassemblements, des manifs, … pour briser ce silence et porter de la solidarité aux gens enfermé.e.s.
Les prisons ne réhabilitent pas, ainsi elles excluent encore davantage les détenu.e.s de la société, en leur imposant une stigmatisation et en les marquant à vie.
Les lieux de détention sont un outil, utilisé par l’état, pour enfermer les “classes dangereuses”, c’est-à-dire les personnes pauvres, issu.e.s d’un parcours migratoire, les personnes qui vivent des addictions, les militant.e.s,… et tout.e.s celleux qui ont préféré.e.s prendre le risque d’enfreindre la loi, plutôt que de renoncer à leur propre dignité.
En Suisse 70 % environs des détenu.e.s sont étranger.ère.s, une donnée qui permet aux droites de perpétuer leurs discours xénophobes, mais qui nous démontre la réalité des faits : si t’es blanc, si t’es suisse, tes droits ont plus d’importance. Les personnes avec nationalité suisse peuvent souvent éviter la prison, en choisissant l’assignation à domicile ou en payant (la raison de l’impunité des riches).
Les prisons sont des endroits où les abus de pouvoir sont à l’ordre du jour, des violences physiques ou psychiques sont perpétuées dans le fonctionnement normal des établissements, les suicides une normalité toléré.
La Suisse, comme on peut l’imaginer, n’est pas une exception. Le comité pour la prévention des tortures du Conseil d’Europe a exprimé des préoccupations sur les prisons suisses, en dénonçant la surpopulation, des maltraitances physiques (frappes, blocages à terre,…), des règles trop strictes sur les sorties et les contacts avec l’extérieur, la durée des isolements,…
On peut inscrire ce système pénitentiaire dans une stratégie claire qui vise à réduire au silence et à rendre invisible les subjectivités marginalisées et à réprimer toute forme de dissidence, à travers la peur sociale et une opinion publique aveugle et muette.
La révolte des opprimé.e.s est toujours légitime, nous exigeons l’annulation de toute formes de sanctions et la prise en compte des revendications des détenues.
Mort à la prison et à tout son monde
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